Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 18:25

C'est la principale annonce qui a été faite le 28 janvier 2012 lors du lancement officiel des activités de ladite structure pour l'année 2012. Plusieurs autres actions innovantes sont aussi au programme.

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Nouvelle année, nouvelle ambition. C’est dans ce crédo que s’inscrit le Blaxity au cours des douze prochains mois. Ce label crée par Tony Nobody pour promouvoir et vulgariser la culture urbaine. Et répondre à la demande d’une jeunesse (comprise entre 15 et 35 ans) avide d’identité et de repère. Pour mener à bien cette mission enclenchée depuis 1999, Blaxity souhaite, selon Mani Richard Bomba du département artistique, mettre ensemble tous les studios et autres structures qui œuvrent quotidiennement pour la valorisation du hip-hop camerounais. Un rythme musical phagocyté par le hip-hop venu des Etats-Unis ou de l’Europe (la France en majorité). Raison pour laquelle, le Blaxity ou la cité de l’art s’est donné pour défie de lancer dans les prochaines semaines, une chaîne de télévision nommée « Mboa Musik ». Cette chaîne qui diffusera à partir des locaux réhabilités de la structure sis à Youpwe, se veut, d’après Tony Nobody, une télévision des cultures urbaines africaine en général et camerounaise en particulier. Quelques titres d’émissions ont été dévoilés : « Ma playlist », « Kamer by nite » et « Les clips du bled » durant toute l’année, et « La famille indomptable » diffusée pendant trois mois. Les premières images test ont été présentées aux convives présents au Trocadero à Bonapriso ce samedi 28 janvier 2012.

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Autres innovations. La diffusion pendant six mois sur Canal2 International de l’émission « Mutumbu the live ». C’est un programme au cours duquel les prestations live sont à l’honneur. Ici, la vie des artistes sera aussi diffusée de manière spectaculaire afin de donner une valeur people aux hip-hoppeurs camerounais. Une émission qui fera la part belle aux artistes qui seront programmés tous les week-ends au Trocadero. Une pré-scène hip-hop pour amener ces artistes à se familiariser au live et abandonner progressivement les play-back. Le premier à bénéficier de cette opportunité a été le rappeur Digital de la maison RedZone. C’était ce même samedi à partir de 18 heures. Dans la même lancée des organisations, le Blaxity offre, le 14 février 2012, la « Street love and fashion ». Une sorte de défilé de mode avec des designers du milieu urbain. Il en ait de même pour « My Gift ». Une cérémonie de rassemblement et de redistribution des dons recueillis pendant toute l’année en cours, aux différents orphelinats retenus. Cet événement à caractère social est prévu pour le 15 décembre. Cette panoplie de produits vient se greffer à ceux déjà connus : le Mboa come Test (du 20 juillet au 3 septembre 2012), le Mboa hip-hop awards (fin novembre) et l’émission Mboa.

Au sortir de cet échange avec la presse, une rencontre à huis clos entre rappeurs et promoteurs de la culture hip-hop s’est tenue dans les mêmes locaux. Cette dernière est la suite des états généraux du hip-hop organisés le 25 novembre 2011 à Limbé. Les rapports restent toujours attendus. En attendant que ces grandes réalisations de l’année 2012 se réalisent, Blaxity, cette kyrielle de cinquante-deux jeunes, est au four et au moulin.

Frank William BATCHOU

 

http://www.youtube.com/watch?v=vax7JiQoRnQ

 

http://www.youtube.com/watch?v=NAALq0vJW4I

Par Frank William BATCHOU - Publié dans : Culture - Communauté : Le Sarmiento
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 14:04

Son inauguration est venue marquer l’apothéose des activités du cinquantenaire de l’implantation du Goethe-Institut en terre camerounaise.

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En son temps, la tour Eiffel en France a fait l’objet des critiques les plus acerbes. Plus-tard, elle est et continue à être l’un des sites touristiques les plus brisés dans le monde. Aujourd’hui, c’est au tour du projet culturel les flâneurs d’Edéa de faire mouche. Dans les bus ou dans les conversations à Edéa, les mêmes questions sont revenues dans les échanges : « Ces statuts vont apporter quoi à cette ville ? Qu’est-ce qu’ils ont construit ici, on ne comprend rien à tous ça. Est-ce seulement l’inauguration de ces quatre poteaux avec des bonhommes en pierre qui a déplacé tout ce monde jusqu’au ministre ? ». Des interrogations qui prouvent que les réalisations de l’artiste plasticien Pascale Marthine Tayou ne passent pas inaperçues. Cet ouvrage culturel, symbolique et de renfermissement de liens d’amitiés entre plusieurs peuples a été inauguré ce 25 janvier 2012 à Edéa par Ama Tutu Muna, la ministre des Arts et de la culture.

Les flâneurs d’Edéa sont représentés par huit statuettes. Elles sont constituées de tubes rond grava couvert de blocs de polystyrène taillé au volume du personnage dont le tour fait 4cm. Par la suite, une toile de joute protégée par des fers de 6 et 8 cm ainsi que de grillage de poule. Cet ensemble a été enfin recouvert de béton et peint avec du pluolid, une peinture commandée uniquement pour ces sculptures. Ces dernières, qui pèsent entre 300 et 600 kg l’un, sont élevées grâce à des supports de 9m, 7m, 6m et 5m. Et une profondeur de 3m chacun. La matérialisation de ce projet aux deux extrémités du « pont colonial d’Edéa » par les deux parties (l’Allemagne représenté par le Goethe-Institut et le Cameroun via la CU d’Edéa) vient ainsi raffermir les liens de solidarité, de fraternité, de paix et d’unité. De plus, la construction de ce monument sur la voie de communication est assez significative. D’une part, elle symbolise à la fois la liberté, l’égalité entre les personnes (qu’elles soient d’Edéa ou d’ailleurs) et le partage de l’héritage culturel. D’autre part, elle symbolise l’unité à la fois des localités, des régions, des pays et des peuples.

Le peuple bamoun honoré

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Pour donner une importance capitale au projet Les flâneurs d’Edéa, des « projets satellites » ont été enclenchés. C’est le cas de l’Arbre à palabre construit sur la place de la préfecture d’Edéa. Œuvre inspirée des lignes de cahier et réalisée par Salifou Lindou et Hako Hankson, elle « n’est pas là seulement pour embellir la ville. Nous avons tenu compte de l’environnement, de la culture locale et du contexte : rencontre et cohésion entre des cultures différentes. L’écriture Shumum (utilisée dans le Noun, Ouest-Cameroun) qu’inventa le sultan Njoya, est le fil conducteur de cette création dont les formes calligraphiques qui constituent en partie l’ensemble de la traduction phonétique des expressions bassa et allemande », explique Salifou Lindou. Ces projets satellites, selon Dr Irène Bark, directrice du Goethe-Institut, sont des signes annonciateurs « de notre collaboration avec les populations d’Edea. Car, nous allons continuer avec nos différents partenaires un programme intitulé « Agir dans les espaces publics ». Avec toutes ces réalisations en marche, Edéa a désormais une raison pour s’y arrêter et plusieurs raisons pour y séjourner.

Frank William BATCHOU

A Edéa

Par Frank William BATCHOU - Publié dans : Culture - Communauté : Le Sarmiento
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 17:40

 

Le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine d’Edéa nous parle du projet « les flâneurs » en coup de réalisation, le rôle joué par les différentes parties impliquées et son apport pour la ville d’Edéa.

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Parlez-nous du projet « les flâneurs d’Edéa ».

Il faut commencer par la genèse des choses. Le pont allemand est pour nous, un joyau culturel. L’idée que nous avions c’est d’en faire un patrimoine mondial c'est-à-dire, qu’il soit pris en charge par l’Unesco. Nous avons eu beaucoup de difficultés à faire passer cela. Mais, nous ne nous décourageons pas encore totalement. L’un dans l’autre, on a trouvé que les Allemands à travers l’Institut-Goethe fêtaient leur cinquantenaire. Et ils avaient envie de faire un projet culturel au Cameroun. Le pont épousait leur vision. C’est de la rencontres de ces deux volontés qu’est née l’idée de faire de ce pont quel que chose de culturel. Les allemands nous ont présenté l’artiste plasticien international Tayou. Nous avons eu une série d’entretiens avec lui de notre pensée et de la sienne. C’est de là que nous avons abouti aux flâneurs. Un projet flatteur qui représente à la fois la rencontre des deux cultures (européenne et africaine représentée par le Cameroun). En même temps, j’avais envie de faire une œuvre universelle comme celle faite par Abdoulaye Wade, le président sénégalais. Ainsi, quel que soit le lieu où l’on vient, qu’on se demande : qu’est ce qu’on a voulu représenter ici ? Et qu’est ce que c’est ? Il représentera des gens habillés en mode européenne, d’autres habillés à l’africaine et un patriarche dans le jardin qui veille sur tout ce monde. Le but était d’avoir à la fois : un projet culturel et touristique pouvant nous faire rentrer quelques devises parce qu’Edéa n’est pas une ville touristique.

Est-ce à cause du tourisme que vous avez donc accepté la réalisation de ce projet ?

Pas du tout. Simplement, nous voulons faire du pont, un patrimoine mondial et le faire passer à l’Unesco parce qu’on estime que c’est une œuvre d’art. C’est l’un des rares ponts lancé sans soutien en dessous. S’il y en a deux en Afrique, je crois que c’est le premier et il est centenaire aujourd’hui. On veut en faire un patrimoine comme ce fut le cas avec le palais Bamoun. A défaut de ça, on a trouvé chez les Allemands, une réponse à ce que nous avons tant désiré. Nos points de vue ce sont donc rencontrés dans ce projet « Flâneurs d’Edéa » à travers l’artiste international Tayou qui ne voit pas les choses uniquement du point de vu africain.

Quel est le rôle joué par les différentes parties à savoir la Communauté urbaine d’Edéa et les allemands via l’Institut-Goethe ?

La C.U est le promoteur. L’Institut-Goethe est à la fois un partenaire culturel et financier. Nous contribuons à l’œuvre par nos techniciens qui disent ce qu’il faut faire ou non. Lors de la cérémonie d’inauguration, la grosse partie du financement nous reviendra. De plus, nous avons l’intention de nous adresser à la KFW pour relustrer le pont parce qu’il a pris un coup de vieux. Pour valoriser ce projet qui va naître, le pont doit refléter une nouvelle beauté. A côté de ce projet principal, il y a des projets satellites qui gravitent tout autour. Et le premier de ces projets sera fait à la Préfecture d’Edéa sous forme d’un arbre avec des branches portant les écritures bamoun ; même si on n’est pas en territoire bamoun. Il symbolise la prospérité et sera aussi financé par les Allemands. Ces projets satellites qui seront réalisés dans la ville par la C.U, seront liés au projet du pont pour faire un tout culturel et touristique. Nous voulons que cette série de projets devienne un circuit touristique comme à Douala avec les monuments qui ont été construits.

Avez-vous été confrontées à des difficultés pour la réalisation de ce projet ?

Non. Une porte financière a été ouverte avec l’Institut-Goethe. Il y avait un budget pour ça. Cependant, on a eu quelques problèmes techniques parce qu’étant un pont lancé sans un soutien en dessous, il ne fallait pas toucher les fondations pendant la réalisation des flâneurs. Ainsi, beaucoup d’études réalisées par des cabinets d’expert ont été faites pour ne pas toucher les soubassements du pont.

Que feriez-vous pour préserver ce patrimoine que nous voulons mondial parce qu’on a eu beaucoup d’œuvres réalisées et qui ont été détruites par des badauds ?

Edéa est une place fortifiée. Il y a ici la base sol-air (Raza). Cette ville est assez sécurisée. C’est pourquoi, quand il y a des troubles partout au Cameroun, il y en a presque pas à Edéa. Bien que ce soit un endroit plus ou moins sécurisé, nous comptons continuer notre projet, celui d’en faire un patrimoine mondial.

Interview réalisée par :

Frank William BATCHOU

 

Par Frank William BATCHOU - Publié dans : Interviews - Communauté : Le Sarmiento
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 14:22

Dans le cadre de la célébration du premier anniversaire du « Urban show », plate-forme de promotion des musiques urbaines camerounaises, son promoteur s’exprime.

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C’est quoi « Urban show » ?

Urban show est une plate-forme de l’Institut français dont je suis le promoteur. Cette plate-forme est dédiée à l’art urbain. Et sa particularité est d’amener les artistes du milieu hip-hop à faire des prestations en live c'est-à-dire, avec un orchestre. Ce concept découle d’un constat selon lequel, lors des prestations des têtes d’affiches les jeudis, il y avait moins de jeunes scolaires au spectacle. Ce constat m’a suscité de nombreuses interrogations : est-ce l’heure (20h) qui fait problème ? Est-ce le tarif qui fait problème ? Ca c’est d’une part. D’autre part, on avait une forte demande des jeunes dans la musique urbaine en programmation. Hors, on n’avait pas une plate-forme pour eux. C’est pourquoi, on s’est dit pourquoi ne pas créer un événement unique pour la musique urbaine. C’est ainsi que le concept Urban show est né. Et dans ce concept, on retrouve toute les disciplines du hip-hop.

Au départ, les artistes étaient accompagnés d’un Dj et plus-tard, c’était purement du live. A-t-elle été facile cette mutation ?

Pas facile pour les artistes. Mais, il faut dire que dès le départ, l’objectif même du Urban show était le live. On est allé tout doucement parce que c’est un milieu où les gens ne n’avaient pas encore la culture du live. Disons que dès la première édition (le 10 février 2011, Ndlr), il y avait du live mais avec un DJ. Et c’était une façon d’annoncer les couleurs parce qu’on savait qu’à cours terme, ça devait être des prestations uniquement live. Ca ne nous surprend pas parce qu’on a juste atteint l’objectif fixé dès le départ.

Le 5 février, vous célébrez le premier anniversaire de ce concept. Et pour l’occasion, vous l’avez baptisé Festival urban show. Pourquoi cette mutation ?

Je dois d’abord éclaircir vos lecteurs sur ce point. Comme je l’ai dit tantôt, Urban show est une plate-forme de l’Institut français qui a lieu tous les deux mois en salle. Et nous allons rester sur cette lancée. Et en février, nous célébrons l’anniversaire de ce concept. Et pour cela, nous le faisons en festival. Festival parce que nous n’organiserons pas seulement le spectacle. Il y aura aussi, tout au long de la journée, une mini foire-exposition hip-hop qui y sera organisée. C’est pourquoi nous l’avons appelé festival. Ainsi, nous avons lancé un appel d’offre à tous les acteurs de la scène hip-hop (designer, graphiste, vendeur de Cd hip-hop…) pour venir montrer leur savoir-faire. L’inscription se fait gratuitement.

Certainement la préparation n’est pas du tout évidente ?

Ce n’est certes pas évident mais, on travaille. Présentement, nous envoyons des courriers officiels pour avoir l’autorisation de bloquer la rue afin de faire l’expo ce jour et monter le grand podium. Nous cherchons également les partenaires qui peuvent nous accompagner pour cet événement.

Qui est invité et qui fera quoi ?

Nous sommes partis sur la base de tous les artistes qui sont passés sur le plateau du « Urban show » durant l’année 2011 et en guest-star, on aura Sultan Oshimihn. Ils seront près d’une vingtaine et chacun pourra faire deux chansons. Ce sera une grande fête de la musique urbaine ! Et après ce festival, si on a des partenaires, on pourra déporter ce rendez-vous dans une salle plus grande en conservant cependant la même périodicité.

En votre qualité d’animateur culturel, quel regard avez-vous du hip-hop camerounais actuel ?

Nous avons beaucoup de talents qui ne demandent qu’à être encadrés. Seulement, il y a un problème de clan qui est entrain de miner le hip-hop. Certes, on va me dire que même aux Etats-Unis où est né le hip-hop, il y a des clans. Sauf qu’ils, les clans, ne prennent pas le dessus quand il faut défendre ce mouvement. Ce qui n’est pas forcement le cas ici. Parce que, quand un clan organise un événement, il essaie de mettre en avant leurs poulains. Pourtant, pour faire vendre son événement, on devrait mettre en avant les artistes qui ont déjà un nom. Et à partir d’eux, d’autres pourront aussi se faire un nom.

Interview réalisée par :

Frank William BATCHOU

 

http://www.youtube.com/watch?v=Rxoi0WSGUiU

 

http://www.youtube.com/watch?v=pXUFb0qCnZk

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 21:37

Il lui a fallu quatre années de cabaret en plus de sa longue expérience de choriste pour sortir « Mut Bi Nam », être humain en langue Bassa, un premier opus à la hauteur de son talent.

pochette-Armand-Biyag.jpg 

Le moyen d’expression le plus facile est la musique. Et Armand Biyag souhaite le distiller au plus grand nombre de mélomanes. Que ce soit sur la scène de l’émission spéciale « sacrée soirée » au Yao Ba le 20 décembre 2011 ou le 1er janvier 2012 au Healing, concert donné au Palais des congrès en l’honneur des américains ayant retrouvé leur origine camerounaise, son talent est étreint. Vocaliste, pianiste, balafoniste et percussionniste de talent, Armand Biyag fait vibrer les amoureux de la bonne musique partout où le besoin se fait ressentir. Un legs divin qu’il a su construire, dès l’âge de cinq ans, dans la chorale des enfants de cœur de la paroisse Sainte Anne de Nkongmondo, un quartier de Douala, où il est le principal chantre. Sa maturité physique et mentale se dévoile aussi dans ce premier album qu’il nous propose. Dès la pochette de l’album, on découvre un artiste pensif et analytique de l’être humain dans un espace d’évasion. Fort heureusement, son vêtement blanc inspire, sans doute, un brin d’espoir et de pureté dans cet univers où règne calomnie, médisance, jalousie, haine… Des sentiments dont « Mut Bi Nam », entendez-y l’Etre humain, devrait s’en débarrasser pour pouvoir évoluer. L’attitude de l’artiste sur cette photo montre aussi et à suffisance, la qualité et le genre musical dont le mélomane est appelé à savourer.

« Mut Bi Nam » est un opus de huit titres à forte coloration Makunè. Un rythme patrimonial camerounais des régions bassa dont-il est originaire. Le nom de baptême de l’album fait office de refrain dans le titre « Nsen ». Une chanson qui exhorte l’Homme (surtout l’africain) de reconnaître l’importance de l’être humain, quel que soit son rang social, de son vivant et non après la mort. Tout en évoquant la souffrance de l’homme dans « Na senga bobé », Sa sensibilisation s’étend dans « Djon Ni Tama ». Armand Biyag titille l’africain, sans exception, qui n’évolue pas aujourd’hui à cause de la jalousie et la haine. Cet africain qui utilise son savoir-faire pour détruire et empêcher le progrès. Au prix du gratuit. C’est pourquoi, il dit à qui veut l’entendre que « l’homme (africain) est mauvais. Tu prends ta vie, tu mets dans les mains de ton frère. C’est toujours lui qui te pend le cou. Il te tue et vient aussi t’enterrer ». Pourtant, croit-il, le blanc utilise son savoir pour faire avancer sa société. Cette chanson est donc une invite de l'africain en particulier et l’être humain en générale à l'union. Laquelle ne peut produire que du « Ndolo ». Un autre titre qui prône l’Amour où il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.

 

L’opus s’ouvre par « Méyè Mètama ». Une chanson très évocatrice par sa mélodie enveloppée du saxo d’Alain Oyono. Elle évoque ce long fleuve qu’est la vie. Laquelle est entrecoupée de dures réalités (la maladie, la pauvreté, l'échec, la solitude, la mort !) qui, malheureusement, fait partie de notre existence. Pour ne pas déprimer, il faut voir grand. S’appuyer et essayer de faire comme les aînés qu’on admire. C’est certainement la raison première de cette reprise intitulée « Hommage à Richard Bona », l’un de ses idoles. « Mut Bi Nam » est un album dont les chansons, fusionnées aux rythmes modernes, sont puisées au plus profond de la tradition bassa. Cela explique pourquoi, Armand Biyag est l’homme orchestre (arrangement, backing vocal, keyboards, percussions) de l’album. L’influence du talent des aînés tels que Richard Bona, Belka Tobis, Henri Dikongue, Manu Dibango, Lokua Kanza…, a poussé Armand Biyag de se laisser entraîner l’univers de la musique de recherche. Un terrain difficile sur lequel il excelle bien malgré tout.

Frank William BATCHOU

 

http://www.youtube.com/watch?v=NLTW2rVY9zI

 

http://www.youtube.com/watch?v=JlMiDUH5v0M

Par Frank William BATCHOU - Publié dans : Culture - Communauté : Le Sarmiento
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